Né en 1972, la même année que le jeu d’arcade Pong, j’ai connu la grande époque de l’arcade et l’âge d’or des machines familiales 8 et 16bits. Voici un résumé de ce qu’on appelait il n’y a pas encore si longtemps 3615 My Life. RETOUR AU DEBUT

Jusqu’ici mes principales sources de revenu étaient mes anniversaires et mes noëls. En classe de quatrième j’ai commencé à travailler pendant les vacances dans l’entreprise ostréicole de mon père ce qui me permit de m’acheter un Amstrad CPC 6128 monochrome. CPC signifie Colour Personal Computer mais je n'avais les moyens que pour le modèle en noir et vert… Mais qu'importe, j'étais habitué au monochrome avec mon Oric. Le clavier était au format QWERTY comme encore 99% des micro-ordinateurs en 1985.

CPC monochrome

J’avais vu maintes machines chez des copains, ZX81, ZX Spectrum, VG5000, Alice 32, EXL100, TO7 et même un MSX, mais celle qui m’avait le plus intéressé était cet Amstrad CPC vendu avec son propre moniteur alors que pour le même prix, les autres devaient être branchés sur la télé.

C’était pour moi une révolution. Un ordinateur tout en un, écran et lecteur de disquette 3" inclus et une seule prise électrique à brancher ! 128Ko de mémoire, soit plus de deux fois et demi celle de mon Oric et 128 fois la mémoire de l’austère et désormais dépassé ZX81 de Guillaume. Je goûtais avec félicité au confort du lecteur de disquette qui était sans commune mesure avec les temps de chargement et la fiabilité aléatoire de l’Atmos.

Le langage Basic Locomotive du CPC était agréable. Un système d’exploitation CP/M était également fourni sur disquette avec des utilitaires (dont le langage Logo que j’ai toujours trouvé inutile). CP/M est une sorte d’ancêtre de MS-DOS. Cela apportait une touche pro à la machine et m’a permis notamment d’utiliser Multiplan (un tableur ancêtre d’Excel) et le langage Turbo Pascal (ancêtre de Delphi).

L’Amstrad a fait un réel carton en France grâce à son prix agressif et il est entré dans de nombreux foyers.

 

 

 

mirco-ordinateurs

 

 

 

APPRENTI BOUCANIER


 

 

 

Spécialiste anglais de la hifi, Amstrad sort son premier micro-ordinateur, le CPC 464, en 1984. Suivent en 1985 le CPC 664 et le CPC 6128. Comme ses prédécesseurs le CPC 6128 est doté d’un Z80 à 4MHz et peut afficher jusqu’à 16 couleurs simultanément.

 

 

 

 

 

Croco

Je suis heureux, j’ai mon CPC et une compilation de 4 jeux. Cependant ma tirelire est à sec...

Afin d’augmenter ma logithèque, je regroupe plusieurs copains du collège également pocesseurs de CPC pour mettre nos économies en commun. J’ai vu dans un magazine une publicité pour un logiciel de copie de disquette (Hercule je crois). Fort de mon expérience passée à la tête de l’O.N.S.C., je leur propose de former un club et d’acheter ce copieur afin que nous puissions copier les jeux des uns et des autres. Nous formons ainsi l’Amstrad Normandie Club (ANC).

Après nous être cotisés, j’achète le précieux utilitaire. Je centralise les jeux de tout le monde et réalise les copies à la demande. Très vite notre quantité de titres augmente. Les copies affluent de partout. De véritables chaines familiales, d'amis et de connaissances se forment créant tout un réseau de distribution informel. Les jeux sont copiés, distribués, échangés et se propagent de manière virale. Sans m'en rendre compte, je deviens ce qu’on appelle dans la flibusterie informatique de l’époque un swapper (un échangeur, distributeur).

Je n’aurais pas eu les moyens d’acheter un dixième des jeux que j’accumulais mais soyons clairs, je ne les aurais de toute façon pas tous achetés. Certes, je voulais tout essayer, tout voir et pour cela la piraterie était le meilleur moyen. Mais seulement quelques jeux m'intéressaient vraiment. J'ai acheté certains d'entre eux parce qu'ils me plaisaient et que je voulais avoir la notice originale pour ne rien perdre de l'expérience offerte. En effet quand je mettais la main sur une copie, il fallait commencer par appuyer sur toutes les touches du clavier pour deviner comment le jeu fonctionnait et essayer de comprendre toutes ses subtilités.

Contrairement aux cassettes audio qui étaient utilisées sur Oric par exemple et qui ne nécessitaient qu’un double lecteur de cassette pour être copiées, très vite des systèmes anti-copie sont apparus sur disquette avec des formatages de pistes exotiques difficile à reproduire.

 

 

 

 

They Sold a MillionMes premiers jeux sur CPC

 

 

Disquette 3 poucesDisquette 3 pouces

 

 

Amstrad Normandie Club

Les disquettes 3 pouces de l’Amstrad pouvaient contenir 178 Ko par face. C’était amplement suffisant pour la plupart des jeux qui "pesaient" généralement bien moins laissant beaucoup de place inutilisée. Ces disquettes coûtaient beaucoup plus cher que les 5"1/4 couramment utilisées par les autres systèmes et il y eut parfois des problèmes de disponibilité entrainant des hausses de prix.

J’ai commencé à regrouper plusieurs jeux sur une même disquette pour faire des compilations. Je programmais des menus de lancements et partout je signais ANC ou Silverleaf, mon nom de guerre (le nom d’un elfe dans le manuel du jeu de rôle Donjons et Dragons).

Nous ne vendions pas de copie, tous ces logiciels que l'on stockait nous servaient de monnaie d’échange pour en avoir toujours plus. Les échanges se faisaient de la main à la main dans la cour de récré où nous apportions nos copies glanées auprès de nos familles et de nos connaissances.

Finalement, le temps passé à programmer et copier devint bien plus important que le temps passé à jouer. Cependant il y a quelques jeux que j’ai pratiqués intensément et notamment : Elite, Pirates!, Barbarian, The Way of the Exploding Fist, Sram, La Bataille d’Angleterre, Tobrouk 1942, Bruce Lee, Leader Board, Commando, 1942, Slap Fight...

ANC

Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était les utilitaires comme The Advanced OCP Art Studio ou Graphic City. Tout comme sur Oric, je dessinais ou décalquais des dessins sur papier calque ou sur une feuille de plastique que je plaçais ensuite sur mon écran pour les "numériser" par transparence. J’ai développé sur Amstrad pas mal d’outils perso mais également un jeu de golf et un jeu de rôle/aventure que je n’ai jamais finis.

En plus d’Hebdogiciel, je dévorais toute la presse qui traitait de l’Amstrad. J’y découvrais entre autre les tests des jeux qui parfois me faisaient office de palliatif de notice que je n’avais pas pour mes copies. J’étais surtout friand de tous les listings qu’on y trouvait et qui me permettaient de découvrir des astuces de programmation.

L'Hhhhebdo

A cette époque ma mère a déjà cessé son boulot d’infirmière pour travailler avec mon père dans leur exploitation conchylicole. Avec mon CPC que j’ai équipé d’une imprimante à aiguilles (DMP2160), je commence à utiliser un traitement de texte (Semword) et un tableur (Multiplan) en vue de l’aider dans ses tâches administratives. Tout cela n’est encore que bien rudimentaire.

SemwordSemword

La DMP2160 (Dot Matrix Printer) était une imprimante matricielle à aiguilles pouvant imprimer jusqu’à 160 caractères par seconde. Par rapport à mon imprimante Oric, c’était impressionnant d’autant plus que cette fois, je pouvais imprimer sur des pages A4. J’utilisais également des feuilles avec bandes caroll pour imprimer les longs listings. L'impression était bien-sûr en noir et blanc et, comment dire, très sonore...

 

Compil Amstrad

 

OCP Art Studio

 

Magazines AmstradMagazines dédiés au CPC

 

 

 

Multiplan Multiplan

DMP2160

 

Anecdote informatique à l’école

MO5Je devais être en classe de quatrième ou troisième, je ne sais plus, quand deux profs de math ont installé des micro-ordinateurs MO5 dans une salle dans le cadre du Plan Informatique pour Tous.

Après un cours de Logo désespérément ennuyeux, nous avons eu droit à un cours de Basic où le but était d’allumer un point. J’ai rapidement fait un petit programme qui dans une boucle infinie affichait une multitude de pixels de toutes les couleurs de manière aléatoire. Quand le prof a vu mon écran qui scintillait comme un sapin de noël, il m’a dit "ok, toi on ne va rien t’apprendre…".

Ce plan a été critiqué notamment du fait du manque de formation des enseignants et des choix techniques visant principalement à soutenir des entreprises françaises. En ce qui me concerne, ce sont les deux seuls cours que j'ai eus.

 

screens

 

 

Barbarian

Barbarian avait tous les atouts pour fonctionner auprès des ados pleins de testostérone que nous étions. Des combats à l’épée violents et gores et une campagne de publicité montrant l’actrice Maria Whittaker vêtue d’un simple bikini ! Et pour bien faire rager la bonne société qui s’en offusquait, un poster était même fourni avec le jeu. Nous avons passé des heures, mon frère et moi, à nous écharper sur ce jeu.
A noter qu’au moment de sortir le jeu, Palace Software a dû changer le titre en ajoutant " The Ultimate Warrior" parce que Psygnosis sortait un autre jeu qui s’appelait également Barbarian.

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Barbarian

 

Bomb Jack

Cette version du jeu d’arcade est très bonne. Le jeu est simple (mais pas simpliste) et très agréable. La prise en main est rapide. J’adorais les écrans de ce jeu sur borne d’arcade et je n’ai pas été déçu par cette adaptation. On y retrouve l’ambiance et le gameplay.

 

Bomb Jack

 

Elite

De mon avis général à moi, ce jeu est le meilleur de tous les temps. Voilà, c’est dit. C’est du commerce, mais pas que, du voyage interstellaire, mais pas que, des combats spatiaux mais pas que… On fait ce qu’on veut, on peut être gentil ou méchant, etc. Bref, je manque d’objectivité.

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Elite

 

Fer & Flamme

C'est LE jeu de rôle mythique du CPC. Le genre était trop peu présent à mon goût sur Amstrad. Pas de Wizardry ou de Ultima. Il y avait bien Tyrann mais je l’avais déjà sur Oric. The Bard’s Tale est arrivé trop tard (1988), je n’étais plus sur Amstrad. Heureusement, Fer & Flamme a comblé ce vide et de fort belle façon même si je ne suis jamais arrivé au bout.

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Fer & Flamme

 

Ikari Warriors

Un excellent jeu qui me rappelle de bons souvenirs. Nous y jouions à deux avec mon frère. J’adore la musique d’intro qui met bien dans l’ambiance.

 

Ikari Warriors

 

Pirates!

J’avoue que si je n’avais pas connu Elite avant, Pirates! aurait sûrement été le meilleur jeu du monde… Là où Elite était un simulateur de Space Opera, Pirates! est un simulateur de roman d’aventures. C’est de la même façon un gameplay ouvert qui permet de choisir son destin. La profondeur, l’ambiance, la carte physique fournie avec le jeu font qu’il est immersif dès le début. Je me revois la nuit dans ma chambre cherchant ma route à la lueur de ma lampe de bureau sur la carte papier fournie avec le jeu.

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Pirates!

 

The Way of the Exploding Fist

Ce jeu qui a reçu un Tilt d’Or en 1985 me faisait très envie. C’est l’ancêtre du non moins excellent IK+ (International Karate+). Il était difficile mais une fois qu’on maitrisait les coups, c’était une tuerie.

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The Way of the Exploding Fist

 

Et quelques autres jeux...

Arkanoid
Bruce Lee
Cauldron

 

Commando
Crafton & Xunk 3D
Highway Encounter

 

IK+
Le Passager du Temps
Slap Fight

 

 

SRAM
Target Renegade
Winter Games